|
« À 10, 11 ou 12 ans, tu n’as pas
besoin de changer de club à moins
qu’il n’y ait pas de services chez
vous, débite le directeur technique
de l’ARSQ, Helder Duarte. Si ton
club offre de la formation, il n’y a
aucune raison pour changer. »
Les nombreux transferts amènent des
problèmes sérieux. « On se tire dans
le pied, a illustré Duarte. Il a
fallu demander une dérogation à la
Fédération québécoise de soccer pour
évoluer dans la Ligue Élite dans les
catégories U-14 masculin et U-15
féminin parce qu’on ne comptait pas
le minimum de six équipes dans le
circuit régional. Les transferts
expliquent en grande partie le
nombre d’équipe à la baisse en
division 1 dans ces deux catégories.
»
Instaurée en 2008, la réforme des
compétitions mise sur pied par la
Fédération québécoise a amené un
vent de folie. « L’esprit du
règlement était de favoriser le
développement des clubs, a raconté
Duarte, et non de se paqueter une
équipe. Au nombre de quatre par
catégorie, les transferts sont
permis, mais étaient destinés
principalement aux joueurs de
calibre AAA, dont le club ne misait
pas sur une équipe dans la Ligue
Élite. »
Magasinage
La possibilité de transférer est
devenue une autoroute à quatre
voies. « Les parents magasinent leur
club en fonction des résultats, a
déploré Duarte. Les résultats
commencent à être importants à
partir de 16 ans et il faut être
patient. Parce que certains gagnent
des tournois, ils pensent qu’ils
sont arrivés alors que c’est le
développement qui doit primer. »
« Des entraîneurs favorisent aussi
les transferts en recrutant,
poursuit Duarte. Pour certains,
l’objectif n’est pas de développer
leur club, mais de gagner pour leur
petite personne. Lorsque tu acceptes
quatre transferts, tu dois tasser
quatre joueurs de ton club et ce
n’est pas de cette façon que tu
développes un sentiment
d’appartenance. »
Duarte sent une certaine grogne
« Certains clubs se plaignent parce
que des rivaux promettent aux jeunes
qui acceptent de transférer de payer
leur inscription, a-t-il confié. Les
gens agissent parfois comme des
mercenaires où la négociation prend
beaucoup de place. L’objectif de l’ARSQ
est de permettre aux clubs de
s’améliorer et de rivaliser et non
pas de former un seul gros club. »
« L’association de soccer du Mistral
Laurentien partage cette position et
vote en faveur d’interdire les
transferts de joueurs, tel que
discuté lors de la réunion des
présidents réunis pour l’occasion
par l’ARSQ ».
Benoit Gosselin, président ASML |